Quand je parle de l’ARCE avec les entrepreneurs que j’accompagne, la question du calcul revient systématiquement. Et plus précisément : ce montant, il est calculé sur du brut ou du net ? Je vais vous expliquer cela clairement, car ce détail change tout dans votre projection financière.
📌 Le récap’ de l’article
L’ARCE se calcule sur le montant brut de vos droits restants au chômage, avec des déductions importantes.
- Le calcul s’effectue sur vos droits bruts ARE restants, auxquels on applique un taux de 60% depuis juillet 2023, puis une déduction de 3% pour les retraites complémentaires
- Trois conditions obligatoires : avoir créé l’entreprise après la fin du contrat, bénéficier de l’ARE et obtenir l’ACRE
- Le versement s’opère en deux fois : 50% au démarrage, puis 50% six mois après si vous poursuivez votre activité non salariée
- L’aide est imposable à l’impôt sur le revenu et soumise à CSG-CRDS, avec possibilité d’étalement fiscal sur deux ans
L’aide à la reprise ou à la création d’entreprise représente une option stratégique quand vous lancez votre activité. Mais avant de vous décider, vous devez comprendre exactement comment le capital se calcule et ce que vous allez réellement percevoir. Car entre le montant annoncé et ce qui arrive sur votre compte, il y a des déductions à anticiper.
Comment fonctionne le calcul du capital versé
Je vais être directe : le calcul de l’ARCE s’effectue sur le montant brut de vos droits restants à l’allocation chômage. C’est un point essentiel à comprendre. France Travail prend le reliquat de vos droits ARE à la date où vous démarrez votre entreprise, puis applique un taux de 60% si votre fin de contrat intervient après le 1er juillet 2023. Pour les situations antérieures à cette date, le taux reste fixé à 45%.
Prenons un exemple concret pour que ce soit parfaitement clair. Vous perdez votre emploi le 1er juillet et vous inscrivez à France Travail le lendemain. Votre droit ARE correspond à 40 euros par jour pour 548 jours. Après le délai d’attente, vous percevez l’ARE du 1er au 31 octobre. Le 1er novembre, vous créez votre entreprise. À ce moment précis, il vous reste 518 jours de droits. Le calcul sera donc : 40 euros × 518 jours = 20 720 euros, puis 20 720 euros × 0,60 = 12 432 euros.
Mais attention, ce n’est pas terminé. Une déduction de 3% pour le financement des retraites complémentaires s’applique ensuite. Dans notre exemple, cela représente 373 euros. Le montant final que vous percevrez s’élève donc à 12 059 euros. Voilà pourquoi je parle d’un calcul sur le brut : vous partez du montant brut de vos droits, puis les déductions interviennent.
| Étape du calcul | Opération | Montant |
|---|---|---|
| Droits bruts restants | 40 € × 518 jours | 20 720 € |
| Application du taux ARCE | 20 720 € × 60% | 12 432 € |
| Déduction retraite complémentaire | 12 432 € × 3% | – 373 € |
| Montant net perçu | – | 12 059 € |
Les conditions pour obtenir cette aide financière
Maintenant que vous savez comment s’établit le montant de votre capital, parlons des conditions d’accès. Je constate régulièrement que certains entrepreneurs pensent pouvoir bénéficier de cette aide alors qu’ils ne remplissent pas tous les critères. Soyons précis.
Vous devez impérativement réunir trois conditions cumulatives. Pour commencer, avoir créé ou repris votre entreprise en France après la fin de votre contrat de travail. Deuxièmement, bénéficier de l’allocation d’aide au retour à l’emploi. Troisièmement, obtenir l’ACRE, cette exonération de charges sociales pendant un an. Sans ces trois éléments, France Travail ne pourra pas vous verser cette aide.
Un point particulier mérite votre attention : si vous créez votre entreprise pendant votre préavis, vous ne pourrez pas prétendre à cette aide. La création doit intervenir après la rupture effective de votre contrat. J’insiste sur ce point car j’ai vu des projets se compliquer à cause de cette règle. Si vous êtes en train de préparer votre lancement, assurez-vous que votre calendrier respecte bien cette contrainte temporelle. D’ailleurs, lors de vos démarches administratives, si vous rencontrez des difficultés comme un numéro de sécurité sociale non reconnu lors de la création de votre compte URSSAF, il faudra résoudre ces blocages rapidement pour ne pas retarder votre dossier.
Les modalités de versement du capital
Le versement s’effectue en deux temps égaux. Je vous explique le mécanisme précis car le calendrier de ces versements impacte directement votre trésorerie. Le premier versement intervient quand vous réunissez toutes les conditions : début effectif de l’activité, obtention de l’ACRE, expiration des différés éventuels. Vous recevez alors 50% du montant total calculé.
Le second versement arrive six mois plus tard, mais depuis le 1er avril 2025, une nouvelle condition s’applique. Vous devez non seulement poursuivre votre activité non salariée, mais également ne pas être en CDI à temps plein. Cette modification change la donne pour ceux qui cumulent leur projet entrepreneurial avec un emploi salarié. Si vous vous retrouvez dans cette situation et que vous rencontrez des problèmes d’accès à vos services en ligne, comme un compte Urssaf verrouillé qu’il faut débloquer, réglez cela avant l’échéance des six mois.
Voici les documents à fournir pour obtenir vos versements :
- Un extrait Kbis ou une synthèse INPI pour prouver l’immatriculation
- L’attestation d’éligibilité à l’ACRE de l’Urssaf
- Le formulaire de demande ARCE complété
- Une attestation sur l’honneur de poursuite d’activité pour le second versement
L’impact fiscal et les choix stratégiques à faire
Parlons maintenant de la fiscalité de cette aide. Le montant reçu est assujetti à la CSG et à la CRDS, puis imposable à l’impôt sur le revenu. Si vos deux versements tombent sur deux années civiles différentes, l’imposition sera étalée. C’est un avantage à intégrer dans votre réflexion financière.
Vous devez également choisir entre cette aide en capital et le maintien partiel de votre ARE. Ce choix n’est pas anodin. Avec le capital, vous disposez immédiatement de fonds pour investir, mais vous perdez le filet de sécurité des allocations mensuelles. Avec le maintien de l’ARE, vous conservez un revenu régulier qui s’ajuste en fonction de vos revenus d’activité. Je recommande le capital quand vous avez besoin d’un apport initial conséquent. En revanche, si votre activité démarre progressivement et que vous préférez sécuriser vos revenus, le maintien des allocations peut s’avérer plus pertinent.
En cas d’échec de votre projet, sachez que vous pouvez retrouver vos droits ARE restants. Vous devez pour cela cesser définitivement votre activité et vous réinscrire comme demandeur d’emploi. Un différé s’appliquera, calculé en divisant le montant du second versement par votre allocation journalière brute. Cette sécurité existe, mais elle ne doit pas devenir votre plan A.


